mardi 27 octobre 2009

«Ça fera 90 euros.»


Lorsque j'étais étudiant, une amie qui avait des problèmes de boulimie avait consulté un psychiatre pour aller mieux, et ça l'avait beaucoup aidé. L'an dernier, j'ai passé plusieurs mois avec une jeune femme dépressive (enfin selon ses dires), qui consultait également, mais qui passait une bonne partie de ses séances à discuter des chaussettes de son thérapeute. A 90 euros la demi-heure, je trouvais ça un peu étrange...

Je sais que je suis névrosé, psychotique, dépressif et autres petits soucis du même genre, comme 10% de la population (que ceux qui ne sont pas fous lèvent le doigt!). Pour autant je refuse d'aller voir un guérisseur-marabout-charlatan qui creusera dans les entrailles de mon esprit et de mon passé (précisément de mon enfance) pour essayer d'en faire jaillir des éléments à même de me guérir. Non, je suis malade et je le resterai!! Tant pis pour moi et tant mieux pour mon compte en banque (ou pour le trou de la Sécu plus exactement). Je n'arrive pas à m'imaginer allongé sur un divan à raconter tout ce qui me passe par la tête à un être humain qui est certainement plus fou que moi, car pour être psy, il faut avoir suivi une thérapie de plusieurs années.

Une amie à moi, psychologue, a parfois essayé de tenter de m'analyser en douceur, mais je me suis toujours montré réfractaire à ses approches et à son discours. Désolé mais quand on me dit que c'est de ma faute si je rencontre une fille qui a déjà un mec mais qui a oublié de m'en avertir, je ne peux m'empêcher de bouillir intérieurement.

Un jour, j'ai posé une question à cette amie à laquelle elle n'a pas su répondre, ce qui m'a fait légèrement jubilé. Je lui ai demandé comment faisaient les être humains avant l'invention de la psychanalyse? Car il faut bien savoir que cette science (?) existe depuis un siècle environ, soit bien après l'apparition de l'homme sur terre. Alors, comment faisaient nos ancêtres pour soigner leurs maladies mentales? Etaient-ils plus fous que nous? Plus dépressifs? Se suicidaient-ils plus souvent que nous? La psychanalyse a été inventée par l'homme (un, en particulier) pour se soigner, mais n'aurait-il pas inventé les maladies qu'elle traite en même temps?

Le psy est devenu le curé des temps modernes, celui à qui on va confesser toutes ses fautes, ses malheurs, en espérant recevoir le pardon et se libérer l'esprit. Sauf qu'au lieu de donner quelques pièces à la messe, il faut désormais lâcher plusieurs dizaines d'euros par séance. Sans aucune garantie de résultat bien évidemment...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Salut, je crois que t'as trouvé ta réponse tout seul : avant les psys, les gens croyaient en Dieu et allaient tout balancer au curé du village. Ils n'étaient pas malades, ils étaient pêcheurs (même côté culpabilisant, tu notes), et comme maintenant, se guérissaient eux-mêmes en disant ce qu'ils avaient sur le coeur. Honnêtement, je pense que n'importe qui peut remplacer un psy : suffit d'avoir des oreilles et de trouver le temps de s'en servir. Mais ce qui guérit le plus, en fait, c'est de parler, de vider son sac. Journal intime, blog...sont les thérapies du pouvoir d'achat ! CQFD